Bulles de savon (Cinémathèque Suisse)  
Lors de la prochaine séance des Rencontres de la cinémathèque universitaire qui se déroulera Mercredi 9 novembre de 17h à 20h à l'Auditorium de la Galerie Colbert - 2, rue Vivienne - Paris 2e.   Tangui Perron présentera trois films rares dont l'un provient des collections de la Cinémathèque Suisse.   Antifascistes de tous les pays, unissez-vous ! À la recherche du cinéma prolétarien allemand (en France, à la veille du Front populaire)
Diffusés après l’arrivée d’Hitler au pouvoir (en 1933) et avant la victoire électorale du Front populaire (en 1936), L’Idée (1932), Bulles de savon (1933) et La Marche de la faim (1935) ont en commun de faire référence, métaphoriquement ou explicitement, à l’actualité sociale et politique, en dénonçant la répression du mouvement ouvrier ou le chômage de masse qui furent effectivement les fourriers du fascisme. Récemment redécouvert, réalisé par Berthold Bartosch, L’Idée est aujourd’hui en passe de devenir un classique du film d’animation, remarquable pour son inventivité formelle et musicale. Bulles de savon, quasi invisible en France depuis le début des années 1930, peut, quant à lui, s’appuyer sur la relative notoriété de son réalisateur : Slatan Dudow est en effet l’auteur de Kuhle Wampe (1932), célèbre film prolétarien allemand (à ce titre honni par les nazis). La Marche de la faim, redécouvert en 1968 et réalisé par un certain I. M. Daniel, fut diffusé un temps avec La Vie est à nous (1936, dirigé par Jean Renoir) avant d’être à nouveau oublié. Ni la qualité de ces films, ni les collaborations prestigieuses dont ils ont bénéficié (Arthur Honegger pour L’Idée, Jacques Prévert pour Bulles de savon, Joseph Kosma et Jean Lurçat pour La Marche de la faim) ne leur ont accordé une place suffisante dans les histoires du cinéma. Cela est sans doute dû à la singularité de ces œuvres, aux difficultés professionnelles et sociales des réfugiés allemands établis en France et aux lignes politiques parfois changeantes du mouvement ouvrier en Europe. Autant de raisons supplémentaires pour découvrir ces trois films. (Tangui Perron)