Un samedi de février, nous sommes allés dans les quartiers d'Arcueil à la rencontre des gens pour qu'ils nous racontent un bout de leur histoire, pour partager quelques souvenirs dans cette ville.


Le mardi suivant, Rédige assistance a animé un atelier d'écriture à la Maison des Solidarités sur ce même thème.


Et mercredi 2 mars, lors d'une soirée Paroles Solidaires à la Maison des Solidarités, les nombreuses paroles recueillies les jours précédents ont fait l'objet d'une lecture autour de laquelle nous avons pu échanger et débattre sur nos mémoires individuelles et leur rapport à ce qui fait l'Histoire de la ville.

Avec nos remerciements sincères pour votre confiance et votre spontanéité, voici, regroupé par thème, ce que vous avez confié :

J'habite où ? Je dis quoi, pour dire où ?

Quand on me demande où j'habite, je dis dans le 9-4.
Et après, je dis Arcueil. Les gens sont contents d'être ici.
En région parisienne, Arcueil est une résidence de choix.
C'est le côté plaisant, le côté calme par rapport aux autres banlieues…/


Je suis à Arcueil depuis ma naissance. Moi je dis « je suis d'Arcueil ».
Non, je reste à Arcueil, je fais ma vie à Arcueil.
Je me sens d'Arcueil. J'aime y vivre…/


Née en 2002 à Arcueil, je suis pas beaucoup sur la ville, je dors sur la ville.`
J'ai pas le temps d'être concerné par la ville, je vais au petit cinéma Jean Vilar, je suis plus souvent sur Paris…/

Je suis fière d'Arcueil, ma ville, mais ce n'est pas la même fierté que Paris, où je suis née. Quand je vais en province ou à l'étranger, j'emporte des cartes postales pour en parler. Oui, je suis arrivée à Arcueil en 60, j'avais 14 ans, je venais de Ménilmontant, c'était la campagne Arcueil, y avait encore une ferme où j'allais chercher le lait.
A Ménilmontant c'était un logement insalubre avec les rats. Le week-end je retournais voir mes copains à Paris. Paris m'a manqué beaucoup. Mes parents ils se sont bien adaptés…
Moi, je compte quitter Arcueil pour aller dans une petite maison dans le Berry… /

Nous on habitait le 13ème mais on était toujours à Arcueil, où j'avais des cousins, des oncles, des tantes, et mon père avait un jardin. Toute ma famille habitait Arcueil. Je couchais à Paris, je vivais à Arcueil ! …/


Moi, je suis là depuis 24 ans j'étais vers Nanterre avant.
Moi je dis j'habite à Paris ! ici on est à Paris par rapport à la banlieue.
94 mais Paris, pas Créteil. C'est vraiment proche, d'habitude je dis même j'habite le 13e…./

Je suis haïtien, je suis arrivé ici à 9-10 ans mes parents étaient déjà là, moi je me sens haïtien. Quand j'étais enfant il y avait 3 Noirs seulement dans le quartier. Mes enfants, eux ils disent le 9-4. Ils veulent pas partir ailleurs… /

Je suis arrivé à Arcueil en 53 dans une des premières cités Paul Vaillant Couturier.
Mes grands-parents paternels étaient déjà sur Arcueil depuis longtemps.
Toute ma scolarité sur Arcueil. Mon papa était kiné au centre de santé et je suis rentré au centre à 18 ans, ma carrière est restée sur Arcueil.
Maintenant je suis sur la Zac de l'église, je ne partirai pour rien au monde. Côté humain, c'était un petit village, c'est un peu ça. Quand je vais chercher mon pain, je mets une heure car je m'arrête pour bavarder… je suis arcueillaise et fière de l'être…/


Je suis à Arcueil depuis 37, à Ricardo sur le plateau.
On n'était pas dans Arcueil on était sur le plateau. Là haut c'était un village. Le travail c'était Paris, ici y en avait pas. On allait à Arcueil seulement pour le colis du prisonnier. Les gens ici vont toujours sur Villejuif et sur Paris, pas sur Arcueil…/


En fait, ce qui fait qu'on se sent d'une ville, c'est les repères, les attaches.
Les repères ce n'est pas les mêmes, maintenant.
Je croise des gens que je connais, c'est agréable, un repère…/

Moi je parle pas aux gens, aux voisins, c'est cause de soucis. Les jeunes, les gens sont devenus désagréables, ya plus de respect, ils disent même pas bonjour ! Se sentir appartenir à une ville, ça compte…/


Les cités ici c'est pas comme on peut voir ailleurs, ya une bonne mentalité ici entre jeunes et anciens ya du respect. Ici je trouve mieux que le Kremlin Bicêtre, ici c'est Arcueil, c'est pas Nanterre…/


Il faut faire le nécessaire pour que je m'en aille de là, le voisin fait du bruit, mais je veux rester à Arcueil. Y'a le bus, les commerces, y'a tout. Je ne connais pas de gens sur Arcueil, l'assistante sociale, Mme Catherine, elle était bien, elle est partie, y'a plus rien…/

Moi, je suis Arcueillaise de cœur car chaque rue a une histoire pour moi…/


J'ai vu des photos d'Arcueil ancien, ça m'intéresse. A part l'aqueduc, j'habite au pied, je sais rien de l'histoire d'Arcueil, Je sais plus de choses sur Colombes c'est ma ville natale…/


Moi, de 6 à 13 ans, mon fils a suivi le cours de dessin a Arcueil et puis il est devenu graphiste. Il a participé au journal Déclic au collège, il existe même un livre sur ce journal…/

Je suis à Arcueil depuis l'age de 3 ans.
Arcueil c'est ma ville, Cachan, ce n'est pas pareil qu'Arcueil.
Se sentir bien dans sa ville c'est essentiel.
Dans le futur, j'aimerais fonder ma famille à Arcueil pour les mêmes raisons…/


J'habite Cachan depuis 7 ans, j'y travaille et j'y dors.
Mon boulot dépend de Paris mais je me sens beaucoup plus d'ici.
C'est ma banlieue d'origine, je me sens du coin, Antony Sceaux Chatenay.
La ligne de Sceaux qui passe sous l'aqueduc. On se repère à l'aqueduc. Je suis pas arcueillais mon adresse est sur Cachan, mais j'ai une grosse fibre arcueillaise. L'AMAP à la Maison des Solidarités, Jean Vilar des fois, l'UPA parfois. C'est 2 comunes liées, très proches.
Tu cherches l'aqueduc, je suis au pied…/

Y avait un photographe avenue Carnot, j'avais une photo de moi à 3-4 ans, je reviens à 100 m de là, 55 ans plus tard.
Ma vie elle passe et repasse par le lit de la Bièvre.
Mon frère aussi a habité le long des rives, à Jouy-en-Josas , à Massy.
Moi-même je suis né à Antony à 200m de la Bièvre.
Même si elle est pas là, elle passait en dessous, je m‘en suis aperçu après.
A chaque fois la Bièvre passe en dessous ou très près de là où j'ai habité.
Si vous me faites démarrer sur la Bièvre…/

Alors j'y suis… Est-ce que j'y reste ?

Ca fait 50 ans que j'habite ici.
Je venais de Paris dans le 5ème arrondissement, c'était un taudis, là-bas…
La ville de Paris ne voulait pas nous reloger, on nous a expédiés en banlieue.
Les 2 barres étaient sorties, la 3ème existait pas.
Je suis parisienne de naissance, mais j'ai trouvé un confort ici…/

Moi, je suis arrivée à Arcueil en 37. Mes parents venaient d'acheter un commerce d'épicerie sur la N20. Mon mari est né à Arcueil, il demeurait à la Cité Jardins. Jeunes mariés, nous habitions une pièce qui est vite devenue trop petite, puisque 1 puis 2 enfants sont arrivés. Nous avons habité chez mon beau-père à la Cité Jardins pendant 2 ans, puis à Cachan avec mes parents, 8 personnes dans 50 m².
En janvier 59, nous emménagions au Chaperon Vert dans un 3 pièces. Le bonheur ! J'ai pleuré de bonheur. En Décembre 63, nous avons aménagé à la Vache Noire où nous avons eu cinq enfants. Nous y sommes restés 45 ans. Mon mari y est décédé en 2002.
Depuis 3 ans, j'habite rue Antoine Marin dans un trois pièces… neuf et superbe… /

Quand je suis arrivée de Paris, une grande et belle ville, Arcueil, ça me disait rien.
C'était petit. Il faut construire cette histoire, et puis on n'a pas de rapport avec les murs, les rues, rien.
Arcueil, c'est plus petit, du coup ça va plus vite.
On se connaît beaucoup plus, un petit village, c'est des liens qui sont des bons liens de voisinage…/

Moi, j'ai fondé ma famille à Arcueil. Mes trois enfants sont allés à l'école Jean-Macé, ils ont tous quitté Arcueil. J'aime bien Arcueil, on s‘occupe des gens qui sont dans le besoin, il y a de la solidarité. Oui, ça se dégrade… Il faut que je m'installe dans la ville. Les voisins, la proximité nous éloigne. On n'a pas envie de voisiner…/

Moi, j'y suis arrivée en 60. J'avais 6 ans. Avant, nous étions à Etréchy. Nous vivions à 7 dans deux pièces ! Nous avons été logés aux Irlandais, dans un cinq pièces. On l'appelait « le château », il y avait du parquet superbe, l'appartement était neuf. C'était magnifique. J'arrivais à la ville, avant c'était la campagne, les champs…LA VILLE !!! …/

Je suis arrivée en 61 en venant de Valenton, je suis arrivé par hasard pour ma première installation rue de la citadelle dans une maison rose…


De 73 à 83, ici c'était une époque sympathique mais bientôt on ira à St-Denis, Arcueil ça bouge pas ! Je me sens pas vraiment d'identité arcueillaise…/


Moi, je viens du 93 ça me va c'est une ville agréable.
Sa proximité de Paris c'est calme, ça me va.
Mes amis sont à Paris, et dans le futur… je veux rester à Arcueil près du RER…/

Moi, je travaille à Villejuif et je rentre sur Arcueil le soir.
Mais je bouge pas beaucoup dans la ville
Je regrette mon ancienne ville Courbevoie. J'aime le quartier, la Vache Noire je me suis habituée, mais l'été, le bruit des jeunes, ça me donne envie de partir…/


Oui, moi je me sens arcueillaise « sans plus ».
Je fréquente les activités de la ville, je lis L'ANC, l'aqueduc romain d'Arcueil-Cachan.
Je ne suis pas sûre de vieillir ici, Arcueil en soit c'est pas une finalité, ni la banlieue. C'est une toute petite ville…/


Née à Arcueil en 42, je suis partie/revenue/partie/revenue.
Ma fille est née à Arcueil aussi, on est habitués au climat d'Arcueil
je m'y sens bien, la manière de vivre, les rues sont pas trop vides, c'est un choix : le bon milieu, pour moi, pas une cité ni un quartier bourgeois.
J'ai 2 enfants qui ont acheté à Arcueil, question de prix et de choix…/

Moi je déménage, je vais dans le sud mais j'ai adoré le Chaperon Vert.
Je déménage pour la campagne avec un petit pincement au cœur.
J'ai beaucoup voyagé en France mais je me trouve bien ici…/


Moi, je suis attaché à Arcueil, c'est la ville de ma mère, de ma famille. Moi, je suis à Arcueil depuis 25 ans, parce que j'ai rencontré une femme, si j'avais su, j'aurai pas venu ! …

Je suis arrivé en 99 sur Arcueil de Meudon pour rejoindre mon mari qui était tombé amoureux d'Arcueil. Arcueil nous a adopté et on a adopté la ville.
On est tombé sous le charme de cette ville. On est à côté de Paris, on rentre de Paris le soir… on se sent bien, quand on rentre sur Arcueil. C'est drôle, j'ai rencontré mon mari ici alors que nous sommes de la même ville, et même du même quartier… au Maroc…/

Je suis née à Arcueil, au Chaperon vert, toujours au Chap depuis.
Je fuis Arcueil ! On est bien situé, près de Paris, le Chap il est plus près des transports en commun, mais finalement je me plais pas… /


On n'est pas si mal, les autres villes c'est pire. Et les jeunes à Arcueil, c'est des anges par rapport aux villes voisines. Ya pire.
Là où j'habitais c'était le lieu de regroupement des jeunes, ils m'ont jamais ennuyé. Oui si j'avais le choix, j'irai à la campagne… mais aussi j'aime bien le Chap…/

Moi, je suis venu en 55 après le sanatorium, place Lavoisier y avait le foyer pour enfants de déportés…/


En 57-58 la maison a fermé, je suis reparti à Bagnolet, dans un taudis avec les toilettes dans la rue. Puis j'ai réussi à avoir un logement à Arcueil par la ville de Paris…/


Moi je suis arrivée de Kremlin-Bicêtre en 96, le pavillon à la Cité Jardin c'était grandiose j'arrivais d'une caravane sans sanitaire. Les voisins de la Cité Jardin ils sont sympas. On fait des petites fêtes, des apéros avec les voisins. Je suis plus connue que le maire à la Cité !
Les enfants, ils ne se plaisent pas du tout à Arcueil. On a été catalogués au départ.
Mon projet c'est de quitter Arcueil, je veux aller dans le sud dans les Landes…/

Nous, on est arrivés en 2007 de Madagascar pour que mes filles fassent le championnat de tennis à Roland-Garros, on habite à l'hôtel au RER Laplace.
Les filles sont à l'école et au collège à Arcueil et au lycée au Kremlin-Bicêtre.
On veut rester et habiter sur Arcueil, mais on sait toujours pas…/


Moi je ne sais pas si je devrais dire ça, mais c'était plus français avant, c'est vrai aujourd'hui, la mentalité a changé…/


Moi, je suis français d'origine étrangère, la xénophobie ça n'existe pas à Arcueil…/

Moi, je suis égyptien, j'étais hier place Tahrir, il y avait une grande civilité là-bas.
Les gens faisaient très attention les uns aux autres.
Je suis arrivé ici par le propriétaire d'un ami, j'étais dans le 5e j'avais des problèmes de logement.
Ici il y a le RER et c'est mieux que Paris.
Ya beaucoup moins de pollution ici qu'au Caire, beaucoup moins de bruit.
Mais ici c'est pas facile de faire lien, je maîtrise pas forcément la communication
Au fait, vous, ici quand est-ce que vous vous révoltez ? …/

Souvenirs-souvenirs

Avenue Paul Doumer, les souvenirs de rhubarbe et de groseilles…/

Le jardin potager des grands-parents et des voisins…/

Il y avait un quincaillier en face le métro et une librairie, oh quelle chouette libraire, juste après le pont…/

Il y avait un libraire ici à ce carrefour, une baraque en bois, l'odeur, la forêt des livres…/

Un grainetier aussi à cet angle. Les mains dans les graines, c'est une sensation inoubliable…/

Il y avait la biscuiterie Fosse qui faisait des petits sablés, qui sentaient bon.
Par contre la Valstar ça sentait moins bon…/

Avant la construction du Cherche-feuille il y avait un terrain vague avec des blocs de granit où il y avait les 3 chemins pour aller à l'école. On jouait dans les chemins, c'était la campagne…/

Avant l'autoroute en bas y avait une décharge et la mare aux tétards on appelait ça, on voyait jamais les grenouilles, forcément.../

Je me souviens pas à quel moment on a couvert la Bièvre…/

J'ai vu les chevaux qui descendaient l'avenue pour aller aux abattoirs dans le bas d'Arcueil…/

J'ai vu le marché qu'il y avait tout le long…/

Sur la place de l'église il y avait un grand marché il y avait un monde fou.../

Le matin j'allais au métro Laplace, on passait devant les jardins à la place de l'hôtel de ville. Le soir l'hiver c'était noir ! Le métro Laplace c'était des rames anciennes, du type train L'ancienne gare et le quai près de la Caisse des Dépôts on prenait le train là…/

Nous étions quatre enfants. Nous sommes tous allés à l'école Jules Ferry. Quatre fois par jour, je passais sur la passerelle du métro et sous l'aqueduc…/

Et moi j'étais à l'école chez les sœurs à Cachan et tous les jours, 4 fois par jour, je faisais le trajet d'ici aux aqueducs…/

En 79 je me souviens la construction de la ZAC…/

On jouait dans la rue au centre des examens…/

On faisait du vélo, des patins à roulettes…/

Le Club de foot près de l'aqueduc…/

Le Village : la place du marché, le carré d'enfance, les jeux sur la place, les 4 côtés fermés…/

Quand les enfants allaient au COSMA, au patronage… /

Le cross à Ducasse…/

Le stade près de l'aqueduc, inondé dès qu'il pleuvait… /

Le club de foot dont j'ai fait partie, le maillot bleu avec un V jaune…/

L'explosion dans le commerce Nicolas…/

Le boa qui s'était coincé dans le faux plafond…/

Souvenir aussi des grands incendies…/

Mon accident de moto sur le dos d'âne…/

La venue de Nelson Mandela je m'en souviens…/

Le bal de la fin d'année à Dulcie September…/

A la fin de la 3e on allait se quitter, comme dans les films…/

L'axe du Chaperon vert vers la nouvelle Mairie…/

Le mur d'Anis gras seulement…/

Il y avait un Suma pendant 30 ans et des petits commerçants autour… /

Une fois quand j'étais en primaire, j'ai gagné un panier garni à la tombola…/

Au Chaperon vert, les chars allégoriques, les bals populaires…/

La fête de la ville : des caisses à savons avec les enfants…/

les défilés des carnavals dans la ville… /

La ludothèque au Chaperon Vert…/

Le mercredi après-midi avec une copine à la bibliothèque…/

Je me souviens de la chorale d'Arcueil au Conservatoire…/

Le parc du centre de santé avec le tas de sable extra fin…/

Avant, ils vendaient des pains de glace rue des Chasses…/

Là il y avait « le Soleil Levant », il avait une concession temporaire, il y a eu des histoires…/

Voyez cette chose, là, (petit coin de terre à l'angle de l'avenue Laplace- et de l'avenue de la République) c'était une épicerie arabe, la première, il y avait 3 marches, ça fait drôle quand on voit cette petite surface, il y avait une petite boutique avec leur espace de stockage… /

Maman, la boulangère, elle livrait le pain à des commerçants jusqu'à la Vache Noire…/

La petite boulangerie près de Barbusse elle vendait des roudoudous…/

Y avait une boulangerie rue Cauchy, avec des religieuses artisanales énormes au goût jamais pareil, des pains artisanaux…/

Il y avait une petite dame qui venait nous chercher, une pauvre fille, un peu isolée, qui rendait service, elle venait ramasser les gamins devant la boulangerie et elle nous ramenait à Saint-Joseph…/

Ah oui, l'histoire du vernis à ongles : j'étais toute petite, 7 ou 8 ans. Dans une cave, j'avais trouvé un jeu de Monopoly. Avec les billets, je suis allée à la pharmacie, je suis partie acheter un vernis à ongles. La pharmacienne m'a dit que ce n'était pas des vrais billets et je suis sortie en pleurant. Elle m'a couru après … et me l'a offert…/

Avant on tournait autour de la place avec des mobylettes, les gens nous jetaient des bouteilles par les fenêtres…/

On jouait aux gendarmes et aux voleurs…/

Il y avait du bitume ici, on se battait à coups de bitume…/

Il manquait des éducateurs pour nous guider, on était livré à nous-mêmes…/

Ce qui était bien c'est qu'il y avait des fêtes populaires…/

A 3 ans la Villa Mélanie avant les HLM c'était mon paradis, j'étais libre, mais sur les photos d'archives on s'aperçoit que c'était laid…/

Et les bagarres entre arméniens et italiens…/

Le Chaperon Vert toute ma jeunesse j'aimais bien…/

Ma sœur était sensible à la laideur, pas moi…/



Rue Bertholet il y avait le comptoir français qui vendait de tout… /

Au-dessus il y avait des logements ça a été démoli…/

j'ai connu le vieil Arcueil, des vieux bâtiments fallait en monter des marches…/

Les maisons étaient les mêmes, mais elles se sont toutes rehaussées, plus propres, plus grandes… /

On a vu la construction des HLM, avant c'était misérable, délabré, en ruine, ils ont rasé et construit des HLM. Les gens étaient ravis d'aller en HLM à l'époque…/

Avenue Jean Jaurès, et à l'ancienne maison Zola y avait des gens… ils ont été emmenés dans les camps…/

Chez nous, Il y a un mois la police arrive dans l'hôtel avec des armes et des masques à gaz… les enfants ont eu très peur…/

Dans notre immeuble, tout le monde était arrivé en même temps avec des enfants du même âge. On allait chez les uns et les autres…/

Dans notre immeuble il y avait des voisins sympas, des soirées sympas, mais malheureusement ils sont partis…/

Dans l'immeuble on se connaît tous, on se réunissait… mais ils sont tous morts…/

Les jeunes n'ont pas le temps…/

Ah aussi il y avait une ferme en face l'église qui vendait le lait de ses vaches jusque vers la fin des années 50…/

Il y avait des fermes je me rappelle de 2 :1 en face de l'église, l'autre à côté de la maison Dimet…/

J'ai vu la Bièvre ouverte jusqu'à 5-6 ans c'était un vrai égout… /

on jouait sur le carrefour de l'avenue de la République, au foot, sans voiture…/

Oui… en bas d'Arcueil il y avait une ferme, avec des vaches, les fermiers menaient les vaches manger de l'herbe à Cachan…/

A la vache noire il y avait des vaches aussi, mais de toutes les couleurs…/

Ce qui manque, c‘est le cirque, il ne vient plus sur la place, devant les écoles, on voyait les animaux…/

Je regrette que Jean-Paul Gautier il n'est jamais venu, sa mère habitait au bâtiment A. Ca a fait un gros buzz et puis on a été déçu./

Ricardo, c'était un petit village.
Avec beaucoup de commerçants : un charcutier, une mercerie, un coiffeur, un café, et aussi un marchand de couleurs, un boulanger, un cycle, un boucher, le Primistère, Magy la poissonnière, le comptoir français, le libraire, qui faisait surtout marchand de journaux, un autre boucher, un boucher chevaline, une charcutière, une grande épicerie, une coiffeuse, un tabac.
On n'avait pas besoin de bouger. Après les 2 autoroutes on a tout coupé, la 2e autoroute surtout ça a tout coupé. Ils ont vidé le quartier de commerçants exproprié les pavillons, des petits comités se sont formés, ça a été de gros problèmes.
Ce quartier est devenu mort. Ça fait 40 ans.
Y avait plein de petits buissons, le chemin du Cherchefeuille, on n'avait pas peur avant, y avait pas de couteau, y avait pas le métissage./

Je suis heureuse d'avoir vécu mon enfance telle que je l'ai vécue. Il manquait tout un tas de choses, on allait dans Paris on marchait (on prenait pas l'autobus parce qu'il fallait des tickets) on allait vers la porte d‘Italie.
On descendait pas à Arcueil, on a rien eu comme secours de la ville, pendant la guerre.
Ya un oncle qui nous envoyait un colis avec ce qu'il avait dans son jardin (des haricots secs, des choses comme ça).
Les gens de la gare ont ouvert le paquet avec un couteau parce qu'on a pas donné de pourboire, on n'avait pas d'argent, et tout était parterre, il a fallu qu'on ramasse ce qu'on pouvait et qu'on remonte ça entre nos mains, comme on pouvait.
Pour moi Arcueil-Cachan, là où on allait chercher le paquet, c'est resté associé à la ville.
Ah si, c'est aussi le cimetière où on allait pour arroser la tombe du petit frère./

En 65, je revenais de l'armée, l'Office Municipal de la Jeunesse prenait de l'importance. A la mairie, y'avait Trigon, Doiselet, Lafaux, Bougard… Ils ont commencé à faire des choses fabuleuses. On a créé le Centre d'Art Démocratique et on a fait du théâtre. C'était dans les sous-sols des bains douche. Le gars qui dirigeait c'était… il est devenu directeur du théâtre de Villejuif. On montait des spectacles qu'on jouait à la salle des fêtes. On a joué « La Commune en chantant ». Jacques Duclos était venu nous parler de la Commune. Puis j'ai abandonné. Environ en 68, il y a eu la Salle Danièle Fery. Là on a créé le Laboratoire de photos Nicéphore Niepce qui a fonctionné plusieurs années.
On a fait plein de choses dedans. On a fait venir des vedettes et on partait en week-end…/

Je me souviens des actions contre les fermetures de classes, avec la FCPE devant le Ministère de l'Education. Une fois même, c'était mardi gras, on a brûlé l'effigie de… l'effigie de qui d'ailleurs ?
Je me souviens, les enfants avaient créé une association « Arcueil Nature ». Ils avaient fait une action pour obtenir des containers…/



L'usine Valstar au moment de la fermeture c'était un lien très fort, avec les occupations, tout ça… entre les gens et la ville d'Arcueil…/

L'imprimerie Victor Michel, j'ai souvenir d'un conseil municipal qui s'est tenu dans l'usine…/

A l'usine Valstar j'ai assisté à l'occupation par les habitants de l'immeuble des bureaux de la direction…/

A mon entrée dans les ILN neufs il y avait une remise des clefs par le maire devant tout le monde avec une réception solennelle, une grande première donc. Tous les locataires arrivaient en même temps et se rencontraient ce jour-là.
A l'initiative des locataires dans la cour extérieure, vers 78, on a organisé une festivité, un concert avec Léni Escudéro… Il existait aussi le kiosque permanent de l'Humanité où il y avait toutes les semaines de la musique, chacun venait avec une bouteille…/

Juste après la guerre, et j'avais 16 ans, dans un climat joyeux et lourd à la fois, des rencontres de jeunes catholiques dont j'étais, avec les Jeunesses Communistes. Pourquoi ça m'a marqué ? …/

Après la guerre, des jeunes garçons jouaient sur la butte de terre sous le pont Berthollet, il y avait des grenades. L'un d'entre eux a été tué en dégoupillant l'engin…/

Et je me souviens de mon mariage à la mairie, l'ancienne, l'église et surtout le repas, et le bal dans le bistrot qui jouxte l'église. C'était chez Akli, avant d'être fermé. C'est dommage que ce bistrot soit fermé…/

Un de mes anciens voisins, né en 1910, avait rencontré Satie au patronage municipal. Il s'en souvenait comme d'un monsieur au chapeau rond, qui leur parlait musique. Satie aurait été présent à la réunion du PC qui décida de la scission d'Arcueil et Cachan, en 1922.
Pourquoi est-ce que je me souviens de l'inauguration du parc Satie avec Darius Milhaud dans un fauteuil roulant ? …/

On n'a pas pu aller aux Journées du Patrimoine aux illuminations du viaduc, c'est dommage…/

Moi j'étais à Gentilly avant d'habiter Arcueil, à Gentilly…. j'ai oublié mes souvenirs…/

L'Histoire, le passé, ça m'attire pas, je suis plus tourné vers futur, le présent…/

L'Histoire de la ville : c'est trop riche, c'est un vivier, ya pas que la maison des examens ! …

D'hier et d'aujourd'hui

Moi quand je suis venu je me rappelle, ils cassaient la Cité jardins.
On jouait à Valstar, c'était un terrain de jeu formidable…/

Je me souviens quand je suis arrivée, l'avenue Laplace était moche…

Quand on est arrivés en 83 on savait que l'avenue Laplace allait s'élargir et on l'a vu s'élargir…/

Je l'ai vu changer la ville, avant la rue Voltaire, maintenant la rue Emile Raspail…/

Le changement dans le quartier de la vache Noire nous a fait du bien…
On s'est inquiétés à cause des jeunes mais ça s'est calmé, jamais d'agression…/

J'habite la Vache Noire depuis 11ans j'ai assisté au changement du quartier : démolition-construction-rénovation…/

Des améliorations ? Oui, le projet de la Vache Noire, c'est pas mal, parce qu'ils ont abattu une barre qui était pas terrible. Ces barres, ça a rempli une fonction mais la société a changé, on peut redonner un peu d'esthétique…/

J'habite au rez-de-chaussée du bâtiment B depuis 2002, les travaux sont finis depuis 2009, ça a duré 1 an, on a souffert. Maintenant, les voisins du dessus font du bruit, j'ai demandé une mutation…/

La chute de la barre : c'était beau, impressionnant.On sent que ça change…/

Ici, c'était des jardins, la nature a un peu disparu.
On avait de belles haies, des rosiers, c'est pas par hasard que ça s'appelle le Chaperon Vert… /

Il faut sauver le marché, c'est très important, c'est très communicatif…/

J'étais un des premiers habitants du Chaperon Vert.
J'ai vu la démolition de l'école. La barre à demi démolie et bientôt l'autre en face…/

L'école, elle était belle, on n'a plus l'esprit de la fête dans l'école…/

La cité avant était plus agréable, un grand village, tout le monde se connaissait, aujourd'hui les mentalités ont changé…/

Le bâtiment va être démoli, moi je souhaite continuer à habiter au Chap. Les petits parcs entre les bâtiments c'est super…/

Quand c'est devenu intercommunal, les esprits ont un peu changé… /

Les murs sont tout le temps là mais c'est les gens qui changent…/

Je suis née ici, pendant longtemps ça n'a pas changé, c'est maintenant que ça change. Avant aujourd'hui, le Chaperon vert n'avait pas changé.
La transformation, j'aime pas.
C'est difficile pour les gens car ils vivent 10 ans de travaux, c'est pas évident.
Prenez par exemple avec Montmartre : on ne touche pas à Montmartre. Le Chap c'est pareil. On casse l'esprit populaire et familial…
C'est un quartier populaire au sens noble du terme. J'ai demandé à venir ici car ça faisait village. Je ne suis pas optimiste, j'aime pas les changements…/

Avant on faisait des matches entre Gentilly et Arcueil…/

Puis il y a eu de la violence entre les cités, on était plus ou moins entraîné dans la violence. La rénovation, c'est double-vitrages et portes blindées…/

Le climat à Arcueil en 1962 on était tranquille, maintenant ca craint.
Les attroupement dans les halls, avant on n'avait pas peur on allait danser, ça s'améliore pas, y commence à y avoir des voitures cassées.
C'est la diversité qui frappe…/

Arcueil a changé en bien, les jeunes s'entendent, il y a du respect, de bonnes écoles, des bons profs que je recommande, j'ai fait du foot, de la boxe, ça a bien évolué…/

Là-haut, tout s'embellit autour, la maison du cèdre, le parc du Côteau…/

Je vois bouger Arcueil. Je trouve qu'il y a une ambiance « campagne », surtout dans mon quartier. La campagne à la ville, quoi ! … Arcueil a bien évolué avant j'étais pas très rassurée…/

C'est méconnaissable la ville, beaucoup de pavillons remplacés par des immeubles. On voit l'évolution, les constructions, ça bouge et ça va bouger !.../

Moi j'ose plus monter je sais plus par où passer, il faut des bottes de 7 lieux.
J'aimais mieux la ville de mon enfance, je sortais le soir, j'avais pas peur.
Je sors plus…/

Ma ville, quand j'en parle

J'ai une très bonne image de la ville, les gens sont sympas c'est bien desservi…/

C'est bien on a tout à côté, tout le monde le sait, c'est une très belle ville…/

Ici c'est une cité dortoir, ya pas de centre-ville intéressant…/

Il manque une place centrale avec des cafés et un jeu de boules… /

Il n'y a rien à Arcueil, pas de centre ville…/

En fait Arcueil c'est la proximité de Paris, avec le 57…/

Les points forts c'est le côté pratique : c'est près des voies rapides près de tout rapidement…/

C'est bien desservi, pour le marché de Bagneux je prends le 188, pour aller à Cachan, le 187, à Villejuif le 162…/

C'est un fond de vallée, des Côteaux, et la N20 qui va jusqu'en Andorre depuis la Porte d'Orléans 950 km…/

Heureusement je suis près de la mairie, car sinon ça monte beaucoup dans Arcueil, s'il y avait de la neige on pourrait skier…/

Objectivement c'est un peu triste, pas très vivant…/

Les manifestations sont intéressantes, le programme de la bibliothèque est intéressant…/

La culture est peu présente à part Jean Vilar, mais ça reste morne…/

Anis Gras, Jean Vilar, c'est très bien…/

On va souvent à la galerie Gonzalez au cinéma Jean Vilar au centre commercial…/

La Maison des Solidarités ? Oui je connais mais j'ai pas osé entrer, je me sens pas concernée…/

Moi, si, j'utilise le système de panier bio « réseau vert »…</br/>
Nous on fréquente le Cosma, on connaît les entraîneurs… /

On fréquente le Centre commercial, c'était pas ça au début…/

Ici je connais Monoprix, Leader Price, la bibliothèque…/

La Vache Noire, c'est bien, ça permet d'avoir une économie…/

C'est presque la ville parfaite, on manque de rien…/

Ya bien quelques commerçants au pied de Zola, mais sinon il faut aller à Paris…/

C'est vrai ça manque de petits commerces moi je prends le V4 pour aller à Cora…/

La Vache Noire j'aime pas tellement, j'aime autant allers vers Cora, à Cachan…/

Ici la référence c'est la Vache Noire à côté de Paris…/

Le Centre Commercial la Vache noire ça aide pour se retrouver…/

L'image d'Arcueil c'est des quartiers agréables et des quartiers très difficiles…
La Vache Noire le bâtiment B c'est un petit village gaulois tout le monde se connaît…/

Aux Irlandais avant j'ai plus supporté…/

Nous on l'aime bien notre cité… /

Les Irlandais, ça va, mais les dégradations, les gens qui jettent aux pigeons…/

Les chiens, il faut interdire les chiens ! …/

J'habite la Cité Jardins, même là c'est dégradé les gens promènent leurs chiens, même là où on marche ! …/

Moi J'adore les chantiers… /

Ça manque de verdure, il manque des espaces verts…/

La ville, c'est mon logement, un grand pavillon avec un grand jardin…/

La Cité Jardins c'est un coin calme j'ai de la chance…

Ici c'est un milieu totalement urbain avec quelques espaces verts, des gens, une image positive…/

En location y a des gens qui ne veulent pas venir, les cadres ont une mauvaise image d'ici, alors qu'il y a des quartiers très agréables, c'est une réputation pas justifiée…/

L'évolution ? J'aime pas ce que ça devient. Les maisons de jeunes ont disparu. Y'a plus le même élan chez les gens. Il faut dire que c'était bien. La période rouge était merveilleuse ! …/

Arcueil, c'était une banlieue dite ceinture rouge, l'endroit où arrivaient les immigrés, la vague des Espagnols du Chap, la bourgeoisie regardait pas Arcueil, on allait à Cachan, à Sceaux, d'ailleurs si vous vous promenez, il y a une différence d'urbanisme éloquente. Mêmes pour les décors floraux, ils sont plus beaux dès qu'on passe l'aqueduc…/

Cachan c'est plus beau, ils ont plus d'argent pour refaire la ville. Après je retourne à Arcueil et c'est pas du tout pareil. Dans mon école il y a un livre d'Arcueil, ils ont mis des images de l'aqueduc, avant et actuel, et ça m'a fait bizarre…/

Le patrimoine à Arcueil, ça représente l'église, les bâtiments, tout ça, l'architecture…/

Il faudrait restaurer autour de l'église, pour le patrimoine…

Moi j'aime bien consulter les récits les vieilles photos, Gérard Vergison il est passionnant…/

Au fort de Montrouge, on est dans des bâtiments classés, des meulières, un patrimoine protégé je trouve que c'est bien… Avec la modernisation dans toutes les villes, un quartier protégé je trouve que c'est bien. Ca permettra de dire que la région parisienne, c'était ça…/

J'adore cette ville, quand je pars, Arcueil me manque beaucoup : le calme, c'est une ville historique. J'adore lire et j'ai lu plusieurs livres sur Arcueil.
C'est une ville historique, il paraît que les invités du roi s'habillaient sur Arcueil avant d'aller à Versailles…/

C'était une ville qui défendait les causes humaines avec des militants et des ouvriers c'est une fierté d'habiter ici…/

Si tu es intéressé, tu trouveras plein de choses sur Arcueil…/